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Editorial mars 2008: Nicolas Sarkozy en visite à Londres -le roi, la reine et le désir de plaire

Editorial
Le Président de la République française effectue, les mercredi 27 et jeudi 28 mars 2008, une visite officielle au Royaume-Uni. Accueilli par la Reine d’Angleterre, Nicolas Sarkozy s’est entretenu avec le Premier ministre Gordon Brown et son gouvernement sur les questions de la défense, de l’énergie et du développement, avant de prononcer un discours devant les deux chambres réunies du Parlement britannique. Au moment de l’entrée dans la Galerie royale au coté de très nombreux accompagnateurs, on pouvait entendre des remarques typiques de l’humour britannique: la Cour royale fait son entrée! Mais où sont les perruques?
Avec des mots pompeux et l’assurance qu’on lui connaît, -en rupture avec le style sobre de certains des orateurs qui se sont exprimes dans la même enceinte, comme Nelson Mandela ou le Dalaï Lama-, Nicolas Sarkozy a annonce sa volonté de fonder une nouvelle Entente amicale avec le Royaume-Uni. L’exercice était, il est vrai, délicat: les parlementaires britanniques se déchirent a l’heure actuelle sur la question de la ratification du traité de Lisbonne, -certains conservateurs appelant leur État à se retirer de l’Union européenne-, alors que la France prépare sa Présidence de l’Union à partir de juillet. Il fallait plaire aux anti-européens et séduire les députés du New Labour. Mais à force de vouloir séduire, le contenu se dilue et l’on ne prend plus de risques.
Il était sûrement utile de rappeler les liens historiques qui unissent nos deux pays. Pour autant, était-il nécessaire de consacrer plus de la moitié du discours a des rappels historiques? Était-il nécessaire de parler de « cause juste », de décrire l’Angleterre comme une « nation cherchant à vaincre des invincibles armada », d’appeler nos pays à porter un « message de civilisation »? Le langage utilisé pour présenter un projet qui se veut ancre dans le 21e siècle appartenait à une autre époque.
Le Président sarkozy a eu raison de lancer un appel fort à nos amis Britanniques. Mais il n’est pas certain que la recherche d’un compromis consensuel avec le Royaume-Uni, -renforcer les relations euro-atlantiques tout en créant un tandem franco-britannique sur les questions de défense au sein de l’Europe- n’aboutisse pas à plus de division encore. Le seul véritable risque pris par le Président français est celui de froisser nos amis Allemands ou d’oublier les nations moins représentées au sein de l’Union Européenne. Ce risque de division, à la veille de la Présidence, est plus grand que jamais.

La secrétaire de section

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