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Discours prononcé par la Secrétaire de la section PS-UK au siège du Parti socialiste le 27 août 2008

Discours prononcé par Axelle Lemaire (Secretaire, section PS-UK)

pour les 25 ans de la Fédération des Français de l’Etranger

rue de Solferino, 27 août 2008

Chers Amis,

Sans histoire, sans passé, pas d’avenir. Merci aux pionniers de la Fédération d’avoir œuvré pour écrire ces pages de notre histoire politique.

Pierre-Yves et notre Fédération me donnent la parole ce soir et je les en remercie également. En même temps, je m’interroge : pourquoi choisir Londres pour incarner le futur de la Fédération ? Le Royaume-Uni reste persona non grata dans la famille socialiste. Aux yeux des Britanniques, nous, socialistes d’Outre-Manche, sommes au mieux des rêveurs gauchistes. A l’inverse, ici, en France, on nous traite de néo-libéraux, voire, pire ! de Blairistes [d’ailleurs, personne n’a encore eu l’idée de nous qualifier de brownistes. Le terme ne serait donc pas encore passé dans le langage courant ? On peut se demander pourquoi].

Londres, -et sa population française estimée à près de 300 000 habitants-, est aussi la chasse gardée de la droite. C’est donc naturellement que la ville a servi d’alibi à ceux de nos élus, nombreux, qui se sont recemment opposés à la représentation des Français de l’Etranger par des députés. On comprend ainsi que sur la carte du monde, -du moins telle que la dessinent les instances dirigeantes de notre Parti-, Londres fasse décidément bande à part.

Et pourtant. La dénigrer, -comme balayer plus généralement l’ambition socialiste à l’étranger-, c’est faire preuve de défaitisme électoral, c’est ignorer le potentiel que représente la gauche française dans le monde, et c’est occulter la formidable dynamique d’échanges que peut créer l’expatriation.

En réalité, la FFE est, -à l’image de ses militants-, ouverte, généreuse, confiante et audacieuse. Et c’est en cela qu’elle est source d’avenir. Il est dommage que notre Parti nous comprenne si mal, nous, Français et socialistes de l’étranger. Car le rôle que peut jouer notre Fédération dépasse nettement celui qu’on lui fait porter.

Tous, ici, nous avons une histoire personnelle qui le démontre. Je suis née au Canada. J’ai grandi au Québec. Ma première émotion politique est, elle, née le 10 mai 1981, en lisant le bonheur dans les yeux de mes parents, mais aussi un certain désarroi, un regret, celui de vivre à distance, seuls, sans avoir milité, un événement politique français aussi capital. Ensuite, c’est par mon passage dans un lycée français à l’étranger, grâce à une bourse, que j’ai véritablement découvert la France.

Voilà ce que représente la FFE : un terrain, celui de l’action politique motivée par le désir de faire gagner la gauche à l’étranger. Mais aussi, un moteur de transmission de l’héritage politique et des aspirations des socialistes, dans le temps comme dans l’espace. La FFE, c’est encore notre Parti qui traverse les frontières pour affirmer son appartenance au Parti Socialiste Européen et à l’Internationale Socialiste. Et c’est ensuite notre Parti qui revient, fort de ses enseignements tirés des expériences politiques étrangères.

Notre Fédération, c’est ce moteur qui permet de faire vivre la part de la France, cette France politique et socialiste, qui est en nous. De la faire perdurer et de la faire progresser. Elle nous fait dire non à la tentation du cynisme. Oui, inspirons-nous de l’étranger. Maintenant. Pas dans quatre ans.

Comme mot de la fin, je suis tentée de citer (mais n’y voyez pas de provocation) l’Américain et General Marshall, auteur du plan de reconstruction européenne lancé en 1947 qui porta son nom. Il disait :
« DON’T FIGHT DECISIONS. TAKE THEM ».

Merci.

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