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Le handicap, ni vu ni connu

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Les associations qui défendent les droits des handicapés considèrent que les socialistes, lorsqu’ils étaient au pouvoir, sont restés impuissants face au handicap et n’ont pas pris la peine de définir une politique nationale d’envergure qui aurait permis de faire sortir de l’assistanat les accidentés de la vie. Même si ce constat est pénible, il doit être assumé avec lucidité : les politiques portent une lourde responsabilité dans la perpétuation des discriminations visant les handicapés. Il a fallu attendre 2005 et un Chirac en fin de mandat pour qu’une loi généreuse soit votée, dont l’application se heurte aujourd’hui à de nombreux obstacles, le retard accumulé n’étant compensé que par les seules collectivités territoriales.

Pour connaitre l’ampleur des discriminations subies par les handicapés en France, le site de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) est indicatif : rien ou presque sur les handicapés. Dans son ouvrage paru l’année dernière sur Les discriminations en France, le Président de La Halde, Louis Schweitzer, consacre trois pages et demi au handicap, pour défendre les quotas. Trois pages de banalités teintées de misérabilisme.

Lobby de la construction v droits des handicapés

Force est de constater que le sujet continue de n’intéresser personne, ce dont témoigne un épisode récent. Au moment de l’examen à l’Assemblée nationale puis au Sénat de la loi de finances rectificative pour 2009 en décembre dernier, le gouvernement a déposé un amendement qui remettait directement en cause le principe d’accessibilité des personnes handicapées aux établissements recevant du public et aux logements neufs, en introduisant des possibilités de dérogations. Cet amendement a été voté dans le silence. « Cavalier budgétaire ! » « Un acte gouvernemental ne peut pas remettre en cause la loi ! » « Il s’agit d’une atteinte directe aux droits des handicapés » ont hurlé les associations. « A bas la loi carbone », ont répondu les socialistes, qui ont saisi le Conseil constitutionnel pour faire déclarer inconstitutionnelles certaines des dispositions plus médiatiques contenues dans la loi de finances. Les mieux informés racontent que dans cette affaire, le gouvernement a voulu revenir sur l’obligation de faciliter l’accès aux bâtiments pour les handicapés physiques en raison des coûts y afférents pour les constructeurs immobiliers. Encore une fois, le Président de la République aurait laissé à ses copains le loisir de décider du sort des Français.

Que faire ?

Il semble que Charlotte Brun, Secrétaire nationale du PS compétente en la matière, se soit saisie de la question du handicap (en témoigne son court texte rédigé à l’occasion de la Journée internationale du handicap le 3 décembre dernier). Or les sections du Parti socialiste sont appelées à contribuer au travail engagé par divers ateliers dans le cadre de la « Convention Nationale sur le nouveau modèle de développement économique, social et écologique » qui prépare déjà le projet de 2012. C’est dans ce contexte que la section de Londres du PS tentera de rédiger une synthèse pour souligner la gravité de la situation des handicapés en France et établir des comparaisons avec le Royaume-Uni. Les Britanniques mènent en ce domaine une politique exemplaire à bien des égards. L’accessibilité aux bâtiments, par exemple, est en effet garantie par un arsenal réglementaire solide. C’est la partie la plus visible de la politique du handicap. Il reste que tout autant qu’en France, les discriminations à l’encontre des personnes handicapées subsistent et sont aggravées par les disparités sociales, notamment au niveau de la scolarisation et de l’accès à l’emploi. Il est en outre communément admis que, pour modifier les statistiques, les chômeurs de longue durée sont reclassés en « adultes handicapés » et ainsi exclus des dispositifs d’insertion.

Quid de la Convention internationale des personnes handicapées ? Et des handicapés Français à l’étranger ?

Parallèlement à ce travail de prise de conscience, je me permets de poser une question à nos Sénateurs. Qu’en est-il de la ratification par la France de la Convention internationale des personnes handicapées et de son protocole ? Cette Convention, ratifiée par le gouvernement britannique en juin 2009, fait désormais l’objet d’un programme ambitieux de mise en œuvre des objectifs fixés par le traité. En France, on attend depuis trois ans.

Et pour ce qui concerne plus particulièrement les Français de l’étranger, quid de l’accessibilité des bâtiments consulaires ou diplomatiques ouverts au public ? Nous répondra-t-on que les coupures budgétaires obligent à établir des priorités, et que celle-ci ne figure pas dans la liste déjà amaigrie des actions du Ministère des affaires étrangères ? Certes, mais la France, en accueillant le public dans ses locaux dans des conditions qui ne respectent pas la réglementation locale, pourrait se trouver en porte-à-faux vis-à-vis des autorités du pays d’accueil.

Axelle Lemaire
Secrétaire de la section de Londres

Photo: eye2eye, sur Flickr

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