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Un an aux responsabilités : la section de Londres au travail

Par Samy Ahmar, Secrétaire du Parti Socialiste à Londres.

En ce début de pause estivale, qui clôture une année politique mouvementée, parfois difficile mais aussi à bien des égards encourageante, j’ai jugé important de dresser un bilan, non-exhaustif mais, je l’espère, représentatif, de cette première année aux responsabilités et de la vie militante de notre section, de notre fédération et de notre parti depuis le renouvellement des instances lors du Congrès de Toulouse en octobre dernier.

 

Un an aux responsabilités

 

Mouvementée, cette année le fut certainement, notamment à travers une série d’évènements, imprévus et en grande partie imprévisibles, qui ont forcé le président de la République et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault à agir dans l’urgence, mais toujours avec justesse, et avec le souci de se positionner du bon côté de l’Histoire qui a caractérisé l’action de ce gouvernement depuis plus d’un an. Je pense, évidemment, à l’affaire Cahuzac en avril dernier, dont l’onde de choc qu’elle a provoquée au sein de la classe politique, de la base militante et du peuple français restera comme l’élément déclencheur d’un second grand mouvement de moralisation de la vie politique, après celui qui avait suivi de peu l’élection de François Hollande, et qui en dépit de certaines tergiversations et désaccords entre les deux chambres, culminera dans les mois qui viennent en un grand projet de loi sur la transparence de la vie politique. Mais je pense aussi, naturellement, à l’intervention militaire de la France au Mali, pour stopper l’avancée des rebelles fondamentalistes d’Ansar Dine et de leurs alliés extrémistes à quelques jours d’une conquête probable de Bamako, qui aurait été ô combien désastreuse pour le Mali ainsi que toute la région du Sahel, et de l’Afrique du Nord. Dans le monde arabe, enfin, ou l’effervescence du printemps arabe a laissé place à une tension explosive entre islamistes et libéraux, une série d’assassinats politiques, des répressions sanglantes de manifestants, et un conflit Syrien d’une violence inouïe qui s’enlise et s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’horreur, la France a agi, avec un succès certes limité, sur le plan diplomatique pour sanctionner toujours plus sévèrement les régimes qui continuent d’oppresser leurs peuples, et de réprimer dans le sang leurs aspirations à la liberté et à la justice.

 

Difficile, cette année le fut aussi. Tout d’abord, parce que la croissance économique, condition nécessaire à l’inversement de la courbe du chômage qui est l’objectif que François Hollande s’est fixé pour 2013, n’a pas été au rendez-vous. Car si la politique de prudence budgétaire que mène le gouvernement depuis sa prise de fonction, cure par ailleurs nécessaire pour que la France respecte ses engagements de réduction du déficit public à l’horizon de 2014, a de fait privé l’action publique d’un levier important de relance économique par la demande, c’est aussi à une conjoncture économique européenne très défavorable que nous devons cette croissance nulle, ainsi qu’au laps de temps nécessaire pour que certaines mesures telles que le pacte de compétitivité et l’accord national interprofessionnel portent pleinement leurs fruits. Mais elle le fut aussi à travers l’attitude proprement exécrable d’une opposition qui a manifestement définitivement renoncé à la dimension constructive de la mission, importante, qui devrait la sienne, et qui non contente de s’entredéchirer en son sein, n’hésite pas à jouer le jeu ignoble de la division en dressant les français les uns contre les autres, employés contre employeurs, public contre privé, partisans contre opposants du Mariage pour tous, gens du voyage contre sédentaires, français de confession musulmane contre tous. La ligne de démarcation entre l’UMP et le FN, entre droite républicaine et droite populiste, s’estompe de jour en jour, comme l’ont illustré les multiples apparences côte à côte de leurs élus respectifs lors des diverses marches du collectif Manif pour tous.

 

Mais encourageante, cette année le fut sans l’ombre d’un doute, et à bien des égards. Parce que l’équipe gouvernementale a fait preuve d’unité et d’abnégation dans l’épreuve de redressement de la France dans la justice, y compris dans les moments les plus difficiles. Parce que cette législature abonde de talent et est une des plus prolifiques que notre république ait connue, à l’image de notre camarade Axelle Lemaire qui s’est illustrée à plusieurs reprises par sa conviction et son rôle de premier plan sur des dossiers aussi complexes et sensibles que la séparation des activités bancaires de détail et d’investissement, la représentation des français de l’étranger, la crie de l’euro ou encore l’esclavage moderne. Parce que le projet de refondation de l’école républicaine de Vincent Peillon est audacieux, et qu’il se base sur un diagnostic juste, précis et largement accepté par les professionnels de l’enseignement supérieur des défis auxquels fait face cette institution pour refaire de l’éducation un moteur de méritocratie, de mobilité sociale et d’épanouissement de la jeunesse de demain. Parce que le Mariage pour Tous est une réforme historique pour les droits des gays et lesbiennes en France, qui comble ainsi partiellement le retard accumulé par rapport à nombre de nos voisins européens depuis que la réforme du PACS avait été promulguée en 1999. Parce que Pascal Canfin incarne l’abolition définitive de la Françafrique et présage, enfin, une collaboration étroite mais basée sur un respect mutuel avec nos partenaires du continent africain. Parce que l’égalité hommes-femmes dans tous les domaines de la vie publique et privée est enfin une priorité : au niveau de la représentation en politique, des niveaux de salaire, de la composition des instances décisionnelles des entreprises ou encore du congé parental. Parce que la réforme de la représentation politique des français de l’étranger représente un progrès important avec la création d’un échelon supplémentaire d’élus de proximité. Parce que la nouvelle Banque Publique d’Investissement, que nos amis travaillistes observent avec intérêt, pourrait devenir un formidable outil de dynamisation de notre tissu de PME. Parce que l’Economie Sociale et Solidaire, dont dépendent 10% des emplois en France, a enfin la place qu’elle mérite dans la politique économique et sociale globale de la France. Parce que l’élection de François Hollande a modifié les termes du débat en Europe en y réintroduisant les concepts apparemment oubliés de « croissance » et de « solidarité ». Et bien d’autres choses encore.

 

La section de Londres au travail

 

C’est dans ce contexte politique chargé que notre section s’est remise au travail au lendemain de la reconstitution des instances du parti socialiste en octobre et novembre dernier. Tout d’abord, en refaisant de nos réunions de section des rassemblements mensuels, thématiques et ouverts aux sympathisants. Nous avons pu, à cette occasion, discuter et débattre ouvertement et à la lumière de nos expériences à l’étranger sur des sujets aussi variés que le bilan des neuf premiers mois de la présidence Hollande, le projet de réforme de la recherche et de l’enseignement supérieur de Geneviève Fioraso, ou encore le projet de refondation de l’école républicaine, en présence de Christophe Adol, professeur de SES au lycée Charles de Gaulle et représentant syndical. Une cérémonie de vœux suivie d’un pot militant a aussi été organisée dans la nouvelle permanence parlementaire d’Axelle, fin janvier.

 

Puis, le 23 mai dernier, la section de Londres se réunissait en Assemblée Générale pour débattre du texte de convention « Notre Europe », qui contribuera à définir l’Europe que nous, socialistes français, appelons de nos vœux, et contribuera à l’élaboration du programme fondamental du Parti Socialiste Européen pour les élections européennes de 2014. Une équipe de travail a été mise en place et chargée de préparer une liste d’amendements au texte à soumettre au vote des adhérents et des instances fédérales. Celle-ci fut particulièrement productive, puisque pas moins de neuf amendements auront fait l’objet d’un débat, et d’un vote à main levée lors de cette Assemblée Générale. L’ampleur et la qualité du travail réalisé par nos militants pour faire de cette Convention Europe un moment marquant de notre année politique ne sont pas passées inaperçues.

 

En marge de ces exercices essentiels de la vie militante au parti socialiste, la section se sera aussi illustrée par l’organisation de deux événements exceptionnels : une soirée informelle avec Benoît Hamon, Ministre délégué à l’Economie Sociale et Solidaire qui se trouvait en déplacement officiel outre-manche, et en présence de notre députée Axelle Lemaire. Un moment de convivialité durant lequel le ministre s’est entretenu avec de nombreux camarades sur des sujets de politique générale, nationale et internationale, et au terme duquel il a prononcé un discours soutenant avec force, simplicité et conviction l’action de son ministère, du gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault et du Président. Mais aussi une conférence publique sur la réforme bancaire en France, au Royaume-Uni et en Europe, en présence d’un panel d’intervenants de prestige parmi lesquels notre députée Axelle Lemaire, le sénateur socialiste Richard Yung, le parlementaire travailliste Lord John Eatwell, et Lord Roger Liddle, parlementaire travailliste et président de Policy Network.

 

Nous avons par ailleurs donné au militantisme de terrain un second souffle, un an après les multiples séances de porte-à-porte que nous avions mené en 2012 dans le cadre des campagnes présidentielle et législative, notamment à travers le développement d’un nouveau tract et l’organisation d’une dizaine de séances de tractage visant des points clé de rassemblement de la communauté française de Londres. L’animation du blog de la section à travers la rédaction et publication d’une vingtaine de nouveaux articles, et l’activisme de nos militants sur les réseaux sociaux ont par ailleurs acquis une nouvelle dimension sous la direction d’un pôle d’activités créé à cet effet.

 

L’accueil et l’intégration des nouveaux adhérents est un élément fondamental de la vie de la section, et a fait l’objet d’un regain d’attention, à travers une approche d’accueil plus systématique et l’organisation de réunions semestrielles avec les nouveaux adhérents et sympathisants de notre section. La première de ces réunions s’est tenue en février dernier, et la prochaine aura lieu peu après la rentrée. Les retours de la première réunion ont été positifs, et l’initiative semble avoir été appréciée par les participants. Je m’en réjouis, et certifie que nous continuerons d’améliorer le contenu et le format de ces rencontres.

 

Enfin, citons la participation décisive de notre section à l’organisation et au succès de l’événement de lancement de Labour Friends of France à la Chambre des Communes en juin dernier en présence d’Emma Reynolds MP, Fabian Hamilton MP, Axelle et Arthur Muller, au renforcement de nos relations avec le parti travailliste et les représentations des partis frères européens à Londres (LME, SPD, PSE) ainsi qu’à l’excellent Noël Solidaire, un évènement co-organisé par des associations caritatives et des groupes politiques progressistes de Londres autour du thème de la solidarité entre Français à l’étranger, avec les interventions passionnantes de de Martin Hirsch, président de l’Agence du service civique, et du journaliste et écrivain Christian Roudaut sur le thème de l’engagement de part et d’autre de la Manche.

 

C’est un bilan plus que respectable, et nombre des engagements pris lors de l’adoption de notre feuille de route fin 2012 ont d’ores été déjà été honorés. Je tiens donc à remercier chaleureusement tous les militants qui ont participé, à divers degrés, à ce succès collectif. Et je vous donne rendez-vous en Septembre 2013 pour entamer cette nouvelle année politique avec la même détermination, et la même envie de justice, de progrès et d’égalité qui nous ont guidés depuis un an, et qui nous animent depuis toujours.

 

Samy Ahmar
Secrétaire de Section

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