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FN, UKIP: Combattre l’extrême-droite

Débat en réunion de section du 27 février 2014

Alors que le FN et le UKIP sont très hauts dans les intentions de vote à l’approche des échéances électorales du printemps, le débat visait à comprendre ce qui sous-tend la montée des partis populistes d’extrême-droite, et quelle attitude les partis progressistes doivent adopter. A l’évidence, trente ans de « diabolisation » du FN n’ont pas permis de le marginaliser. La rhétorique antiraciste n’est plus suffisante pour faire face à un phénomène aux multiples causes, dont les ressorts ont changé.

Deux interventions ont introduit le débat. Alain Carpentier a témoigné de la montée du FN dans la ville de Maubeuge, dont il a été maire dans les années 1990. Sur fond de désindustrialisation, de chômage et de pauvreté, le FN est y particulièrement bien implanté. Pour Alain, cela prouve l’intégration européenne, l’élargissement de l’UE et l’euro sont davantage des symptômes que les véritables racines du problème. Il en voit trois en particulier : le traumatisme et la rancœur des anciens combattants d’Algérie, la ghettoïsation des grands ensemble et les effets pervers des politiques ciblées en faveur de leurs habitants, l’instrumentalisation de l’islamisme pour susciter une peur généralisée des Musulmans. Alain en conclut qu’il y a une limite aux arguments rationnels, et que la priorité doit aller au travail de terrain pour améliorer les conditions de vie et restaurer la confiance.

Romain Blachier, adjoint au maire du 7e arrondissement de Lyon, a ensuite présenté le « Guide anti-FN » publié par la Gauche forte (un collectif trans-courant fondé par le député Yann Galut). Le Guide met en lumière les évolutions récentes du FN, dont le programme économique est bien moins libéral qu’il y a une ou deux décennies. Il fournit des arguments simples qui peuvent être utilisés par les militants lors des porte-à-porte. A titre d’exemple, il montre que sortir de l’euro ou rétablir des barrières douanières ne rapporteraient pas d’argent et feraient plonger le pouvoir d’achat des Français. Il dénonce également les contradictions et la démagogie du FN, qui promet des baisses d’impôt tout en défendant la protection sociale.

Les points suivants sont ressortis du débat qui a suivi les deux interventions:

  • Il importe de parler aux électeurs du FN. La stratégie d’évitement est devenue contre-productive. Faire peur aux gens en brandissant une véritable catastrophe si le FN arrive au pouvoir est de moins en moins crédible.
  • Il faut apporter des réponses concrètes aux problèmes du quotidien. Un grand nombre de Français se sentent relégués, notamment dans les zones péri-urbaines et rurales. Sans recul du chômage et amélioration significative de la situation dans ces territoires, le FN a de beaux jours devant lui. Les électeurs peuvent être convaincus qu’il n’apportera pas de solutions, mais ils ne voteront pas PS pour autant.
  • Le FN et le UKIP témoignent d’un fort rejet de la classe politique. L’exemplarité, les contacts directs avec les citoyens sont d’autant plus importants. Mais les responsables politiques, notamment au niveau national, ont un pouvoir limité, entre Europe, mondialisation et décentralisation. Gouverner est devenu particulièrement complexe, ce qui donne aux discours simplistes un avantage évident.
  • La gauche doit travailler sur le nouveau visage de la société française. La difficulté de mettre des mots sur la pluralité des origines et des mémoires, le réflexe de se retrancher systématiquement derrière la République et la laïcité, entretiennent les malentendus. Il faut éviter les deux écueils d’une laïcité trop rigide qui n’assume pas cette pluralité, et le multiculturalisme qui en fait un programme politique.

 

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