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Réunion-débat : liberté d’expression et vivre-ensemble

Liberté d’expression et vivre-ensemble : le débat doit continuer

Environ 25 personnes ont pris part à la réunion-débat que la section PS de Londres organisait le 22 avril autour du thème « Liberté d’expression et vivre-ensemble ». Un échange ouvert entre les participants a eu lieu à la suite des remarques introductives de Christophe Prémat, Pierluigi Congedo et Chema Tikri. Le débat était animé par Renaud Digoin-Danzin, conseiller consulaire PS.

Voici une brève synthèse de ces échanges, qui ont montré une soif de discussion sur la liberté d’expression, la laïcité et le modèle d’intégration français. La section PS proposera de nouvelles opportunités de débattre sur ces sujets dans les mois à venir.

Remarques introductives

Pour Christophe Premat, député des Français d’Europe du Nord, l’avenir du vivre-ensemble en France passe par le dépassement d’un discours trop abstrait sur les valeurs républicaines. La laïcité est trop souvent interprétée en termes de limitations. Il faut retrouver un contenu positif, et cela passe notamment par une meilleure compréhension des apports des religions. L’histoire et la place des religions doit faire partie des cours de morale laïque qui débuteront à la rentrée prochaine. De manière générale, face au renforcement des identités alimenté par les réseaux sociaux, il faut aller vers un « multiculturalisme raisonné » qui permet la rencontre et la connaissance de l’autre.

Pierluigi Congedo, spécialiste de droit européen comparé, a souligné l’importance historique de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) pour la défense de la liberté d’expression en Europe. Or la jurisprudence de ces vingt dernières années a conduit à donner une place de plus en plus significative aux religions. Dans plusieurs pays européens, et pour des raisons historiques, le blasphème est proscrit. Au Royaume-Uni, le principe de reasonableness conduit à limiter la liberté d’expression quand celle-ci risque d’avoir des conséquences violentes.

Chema Triki, militante associative tunisienne, membre de l’association « Cahiers de la Liberté », a évoqué la Constitution tunisienne en soulignant l’équilibre précaire entre identité arabo-musulmane et valeurs occidentales. La liberté d’expression y est garantie, mais paradoxalement les principes généraux criminalisent l’atteinte au sacré. Deux jeunes ayant clamé leur athéisme ont été condamnés à sept ans de prison en 2012 pour « trouble à l’ordre public ». Il y a par ailleurs un décalage entre le droit et le contrôle social, qui rend impossible la distinction entre discours offensant (qui doit être possible) et discours haineux (qui doit être interdit). Concernant la France, Chema pense que le modèle assimilationniste est épuisé. Il n’y a pas de réponse crédible aux discriminations dont continuent de souffrir les Français de deuxième et troisième générations.

Quelques prises de parole lors du débat

  • Sur la coexistence des identités dans la République

–        La République laïque doit offrir un cadre pour le vivre-ensemble ; cela ne doit pas être laissé aux religions.

–        L’enseignement de l’histoire des religions, pourquoi pas, mais à conditions d’enseigner également la pensée athée.

–        Les statistiques ethniques et religieuses permettraient de mesurer la discrimination

  • Sur la liberté d’expression :

–        N’y a-t-il pas deux poids, deux mesures dans l’acharnement dont est victime Dieudonné? Il y a de multiples définitions de la haine.

–        Dieudonné n’a pas été condamné que pour « incitation à la haine » mais également pour « négationnisme » et « apologie du terrorisme ».

–        N’est-il pas présomptueux de promouvoir la liberté d’expression partout, sans tenir compte des différences culturelles ?

–        Chaque pays prend son propre chemin pour parvenir à la liberté d’expression.

–        L’Europe doit également faire preuve de cohérence entre défense de la liberté d’expression et soutien aux dictatures arabes (Arabie Saoudite, Qatar, Bahreïn…)

–        L’Islam doit se réformer. Il faut changer la façon dont il se pratique.

–        Il faut intensifier l’aide au développement si l’on veut éviter la mainmise des Islamistes sur le monde arabe

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