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Tribune: #Brexit – Solidarité entre Européens

Le vote de jeudi a provoqué une déflagration considérable. Le Royaume-Uni est divisé, l’Europe est en crise. Les nationalistes ont le vent en poupe, bientôt suivis des irrédentistes qui regardent avec jubilation l’Ecosse et l’Irlande du Nord mener leur combat pour une indépendance européenne.

 

Le pays s’est exprimé, et c’est à l’Europe d’agir maintenant. Les incertitudes propres au Royaume-Uni ne devraient pas dispenser les Européens d’une attitude ouverte à son égard.

 

Certains chantent en chœur: le Royaume Uni paiera. Il doit affronter dans la douleur les conséquences de ce choix et de son attitude historique face à l’Europe. C’est un peu court.

 

48% dès Britanniques se sont exprimés en faveur du Remain. Le choc du résultat pour eux est terrible. Des manifestations ont lieu, plus de 3 millions de personnes ont signé une pétition demandant la tenue d’un second référendum. Les espoirs de la moitié du pays sont partis en fumée à l’issue d’un vote dont de nombreux électeurs du Out avouent aujourd’hui n’avoir pas mesuré la portée. Le pays est sonné. Les déçus du Remain sont écœurés par une campagne délétère et mensongère. Le pays semble découvrir peu à peu l’étendue des mensonges et du cynisme de ses leaders. La gauche est traumatisée par la campagne faible, sans ampleur, sans charisme, menée lâchement par un leader aujourd’hui conspué.

 

Face à l’échec des appareils politiques des partis de gouvernement, reste le peuple britannique. Nos amis, nos collègues, pour nous Français vivant au Royaume Uni. Les Européens ne doivent pas leur tourner le dos. Les Européens ne doivent pas les abandonner froidement aux conséquences désastreuses d’un choix qu’ils sont nombreux à regretter.

 

Soyons précis: le gouvernement britannique porte la responsabilité de ce fiasco. Au niveau institutionnel, l’Europe doit être ferme. Les leaders de la commission et du parlement ont raison de l’être en prônant un processus rapide. On ne joue pas avec l’appartenance européenne pour des raisons de politique intérieure, et sinon, on assume logiquement les conséquences de ce pari cynique et raté.

 

La négociation de sortie doit elle aussi être ferme et ne pas laisser les gouvernants britanniques profiter de ce chaos. La cohésion de l’Union en dépend. Mais les peuples européens devraient se montrer ouverts. Peser les conditions de ce référendum consultatif. Réfléchir au contexte, aux tenants et aboutissants de cette erreur historique. Soutenir les pro-Européens britanniques, les jeunes qui feront l’histoire des décennies à venir, en ne leur claquant pas la porte au nez pour une erreur qu’ils n’ont pas commise.

 

Aujourd’hui les Britanniques sont dans un profond désarroi. Les Conservateurs ont perdu leur leader, celui du Labour est en suspens. Une  nouvelle élection législative aura peut-être lieu, après la démission de David Cameron le 2 septembre. Nous sommes entrées dans un processus long, incertain et profondément politique. Chaque mot comptera.

 

Le résultat du référendum est aujourd’hui acté. Mais demain? Les cadres du débat changeront. Cette erreur historique majeure, la plus grave sans doute depuis la deuxième guerre mondiale, ne doit pas nous amener à renforcer les ennemis de l’Europe. Pas l’Europe institutionnelle, en panne, qui a besoin d’une relance urgente depuis des années; ni l’Europe des gouvernements, qui échoue à faire aboutir cette transformation; mais l’Europe des peuples, des voisins, des personnes qui vivent dans un même espace, travaillent dans un même marché, consomment les mêmes produits, partagent la même culture et les mêmes valeurs essentielles.

 

Pour la section PS de Londres,

 

Alex Margot-Duclot


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