Soutenez le PS

Adhérez au PS

Tirer les leçons du Brexit

Voici le texte de la contribution collective des militant∙es de la section au « Chantier Europe » de la Ruche socialiste.

Tirer les leçons du Brexit

Le principal slogan des Brexiters fut le fameux « Take back control »qui laissait entendre que les règles de l’UE s’imposent au Royaume-Uni comme des chaînes entravant sa prospérité et bafouant la volonté du peuple. Alors qu’une partie de la gauche singe la droite souverainiste en se réclamant de « l’indépendantisme français », il est vital de rappeler les illusions que porte cette rhétorique. En sortant de l’UE, les Brexiters rêvaient de signer de juteux accords commerciaux avec le reste de la planète, de réduire drastiquement l’immigration, et de déréguler l’économie. La réalité est à l’opposé : en se rétrécissant sur son marché de 66 millions de consommateurs, le Royaume-Uni se retrouve en position de faiblesse dans les négociations commerciales, risquant de se voir imposer les normes de plus grosses économies, tel que le poulet au chlore américain. L’économie britannique est plus que jamais exposée au chantage des grands groupes industriels (notamment automobiles) qui font pression sur le gouvernement britannique en menaçant de rapatrier vers l’Europe des milliers d’emplois. La baisse de l’immigration depuis le vote crée déjà des pénuries de main d’œuvre, notamment dans le service public de la santé en manque de personnel soignant. Loin d’avoir gagné en souveraineté, le Royaume-Uni a vu ses marges de manœuvre se rétrécir, au point que, pour sauver son économie, il pourrait se voir contraint de signer un accord avec l’UE qui l’obligerait à suivre les règles de Bruxelles tout en perdant son siège à la table où elles se négocient. Cruelle ironie !

 

S’il est quelque chose que nous avons appris mieux que quiconque, militant∙es socialistes au Royaume-Uni, c’est que la construction de l’Europe n’est pas irréversible. Ici, les adversaires de l’Europe sont minoritaires, dans l’opinion publique comme dans la représentation nationale, mais ils sont aussi beaucoup plus vocaux et ont démontré une capacité à transcender les clivages politiques traditionnels pour arriver à leurs fins. Quant à la gauche, seule capable de rassembler l’électorat autour d’un projet européen progressiste et protecteur, elle n’a pas joué son rôle et a laissé une droite peu crédible prendre les rênes d’une cause qui aurait dû être la sienne. C’est une leçon pour la France, où la défiance vis-à-vis du projet européen est au rouge, et pour la gauche française, dont les éléments les plus souverainistes sont en train de remporter la bataille des idées.

 

Vous pouvez voter pour cette contribution sur le site de la Ruche.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.