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Réaction de la section de Grande-Bretagne au « Plan pauvreté »

Motion adoptée par la section de Grande-Bretagne, le 19 septembre 2018

Jeudi dernier, le « Plan Pauvreté » du gouvernement Philippe a été esquissé en grande pompe par Emmanuel Macron au Musée de l’Homme. Socialistes de Grande-Bretagne, nous réagissons à certaines des mesures annoncées durant ce discours, qui semblent s’inspirer de la politique sociale menée par le gouvernement conservateur au Royaume-Uni.

Certaines propositions semblent aller dans le bon sens, notamment celles qui concernent la petite enfance : l’accès renforcé à la crèche pour les enfants issus de familles défavorisées, et le subventionnement des repas scolaires pour un meilleur équilibre nutritionnel des enfants issus des couches populaires, répondent de toute évidence à un besoin réel. C’est aussi le cas de l’introduction de petits déjeuners subventionnés, qui ne sont pas sans rappeler les « breakfast clubs » dont l’usage s’est généralisé au Royaume-Uni avec des résultats probants. Depuis près de vingt ans, un nombre croissant d’études abondent dans ce sens, et montrent que la période préscolaire est non seulement essentielle pour le développement physique et cognitif des enfants, mais aussi et surtout une immense source d’inégalités. Le retard accumulé par les enfants pauvres durant cette période critique est souvent irrattrapable, et renforce un déterminisme social que nous ne pouvons accepter. Reste à savoir si ces promesses seront tenues : nous comptons sur la gauche, mais aussi sur les associations de la société civile pour tenir le gouvernement comptable de ses engagements.

Quant au Revenu Universel d’Activité, celui-ci ressemble furieusement au « Universal Credit » mis en œuvre au Royaume-Uni à partir de 2013, en fusionnant six types d’allocations, et qui s’est avéré être un désastre pour les plus démunis. Socialistes de Grande-Bretagne, nous en savons quelque chose : de nombreuses familles pauvres ont vu leurs revenus diminuer, les mécanismes d’accès aux transferts sociaux se sont complexifiés, les retards de versements ont poussé de nombreux ménages à s’endetter pour payer des factures qui n’attendaient pas et boucler leurs fins de mois. Depuis sa mise en place, le recours aux banques alimentaires s’est accru de 30%.

Le système, très coûteux et inefficient comme l’a révélée la cour des comptes britannique en juin dernier, est tellement mal conçu que des milliers de récipiendaires bataillent pour faire valoir leurs droits et peuvent rester trois mois sans aucun versement. Fusionner des dispositifs d’aides préexistants à enveloppe constante et les conditionner, ne saurait constituer une stratégie efficace et pérenne de réduction de la pauvreté. Le « RUA », tel que Macron ne souhaite pas l’appeler n’est ni universel, ni inconditionnel. Tout pousse donc à craindre qu’il aboutisse, comme ici, à un contrôle vexatoire des allocataires et, in fine, à une baisse générale des aides, par souci d’économies budgétaires.

Nous jugeons beaucoup plus intéressante la proposition de mise en œuvre d’un Revenu de Base, que 13 départements socialistes ont récemment demandé à expérimenter : celui-ci serait inconditionnel, et s’étendrait aux jeunes de moins de 25 ans, constituant un véritable supplément de revenu pour une catégorie d’âge dont le taux de pauvreté est deux fois supérieur à la moyenne nationale.

Éliminer la pauvreté c’est la raison d’être de la gauche, le moteur de notre engagement, et la source de notre légitimité politique. Si l’accélération du déploiement de la Garantie jeunes et du dispositif Territoire zéro chômeur témoigne du succès de mesures mises en oeuvre sous François Hollande, les efforts engagés durant son quinquennat demandaient, sans aucun doute, à être amplifiés. Ceux de Macron  seront-ils pour autant à la hauteur ? Il est permis d’en douter au vu du reste de sa politique ! Son tout récent recul sur la réforme des droits de succession démontre l’insincérité de sa promesse d’« enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent de génération en génération ». A nous donc de refaire de cette bataille une grande cause de rassemblement : c’est par la lutte contre la pauvreté que nous réaliserons la convergence des luttes nécessaire au renouveau de la gauche. Commençons par donner corps, dans les collectivités locales que nous dirigeons, à la proposition de mettre en place un service public de la petite enfance que nous avons portée lors des trois dernières campagnes présidentielles sans jamais parvenir à la rendre concrète ni crédible.

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